La signalisation ferroviaire
Les couleurs
Blanc

Dès le début du chemin de fer, dans les années 1820, la couleur blanche fait office de signal de... danger! À l'époque, la seule couleur que l'on peut ajouter (sous forme de teinture) au verre, sans trop affecter ses propriétés physiques est le vert. Les vitraux d'églises étaient déjà très colorés, mais ce type de vitre était loin de la qualité industrielle requise pour un signal de chemin de fer. Il est donc logique de mettre une vitre teintée verte devant une flamme (généralement une lampe à l'huile) pour donner un signal d'arrêt. Si cela ne vous semble pas logique, pensez qu'en 1820, nous sommes 100 ans avant l'automobile, et 130 ans avant les premiers feux de circulation, donc bien avant le code de couleur que l'on connaît depuis notre naissance. La flamme laissée à nue, ou protégée par une vitre claire fait office de lumière blanche, signifiant que la voie est libre. Aujourd'hui, la couleur blanche est complètement bannie des systèmes color-light et searchlight de la presque totalité des chemins de fer. Au Canada, on peut s'en servir dans certains cas très spéciaux. Le système position-light (et sa version plus récente, color-position-light) l'utilise encore comme marqueur, uniquement. Les signaux comme tels utilisent plutôt le blanc lunaire. Le problème de la couleur blanche, c'est sa facilité à être confondue avec des lumières environnantes (que l'on apelle de la pollution lumineuse).


Blanc lunaire

Le blanc lunaire (un blanc légèrement bleuté) est simplement la version "permise" de la couleur blanche. La teinte légèrement bleutée du faisceau de lumière empêche le signal d'être confondu avec une source de lumière étrangère au chemin de fer. Au Canada, le blanc lunaire ne fait pas partie du REF, et n'est donc pas reconnu.


Vert

Le vert commence sa carrière ferroviaire comme signal de danger. C'est la seule couleur dont peut être teint une verre au début des années 1800. Vers 1896, on le remplacera par la couleur rouge, et il sera de facto adopté comme la couleur de la voie libre, remplaçant ainsi la couleur blanche. On règle aussi un épineux problème: lorsqu'un signal montrant une couleur verte (et donc un stop, ou un danger), devient défectueux (verre cassé, ou absent), on obtient une "fausse voie libre", mettant ainsi en péril les équipes de trains. Avec l'apparition de la couleur verte comme couleur de voie libre et le banissement de la couleur blanche, on élimine ce problème, car un signal affichant la couleur blanche devient défectueux, et donc, impose un arrêt.


Jaune (ambre)

Le jaune, ou plus précisément, la couleur ambre, apparaît autour de 1927. En Angleterre, elle reçoit la signification "caution" (danger), alors qu'en Amérique du Nord, on lui donne la signification "approach" (approche). La différence entre les deux aspects a son importance, car un signal de danger est plus restrictif qu'un signal d'approche. La raison du "pourquoi le jaune" n'est pas certaine. Il semblerait que ce soit parce que cette couleur est, pour bien des gens, la couleur la plus près du rouge (le orange étant trop près, et donc trop confondant). De plus, la couleur jaune est une couleur hautement lumineuse, et qui se voit bien de loin.


Jaune PRR

Comme son nom l'indique, cette couleur jaune fut presque exclusivement utilisée sur le Pennsylvania Railroad, ainsi que le B&O. Cette couleur jaune, très claire, avait un but bien précis: rendre le signal visible de très loin, par temps de brouillard. En effet, les chemins de fer se servant de cette couleur le faisait uniquement sur signaux de type position-light (donc la couleur importe peu. C'est la position des lumières qui compte). Et comme la côte est des États-Unis est réputées pour ses nombreuses zones de brouillards intense, particulièrement dans les vallées, là où les chemins de fer étaient construits), il fallait développer un système permettant de percer ce brouillard. De nos jours, c'est encore cette couleur qui équipe les phares anti-brouillard de plusieurs automobiles et camions.


Rouge

Le choix de la couleur rouge pour s'associer fut d'une évidence même lorsque la technologie de la teinte de verre le permis. En effet, chez l'être humain, le rouge est facilement associé au sang. Et la sang, à la fatalité. Il apparaît dès les années 1850, mais tardera à être utilisé pour indiquer le "danger".


Magenta

La couleur magenta ne fut pas très utilisé au Canada. Du côté américain, plusieurs chemins de fer s'en servent encore pour donner la position d'un dérailleur, notamment dans les voies d'évitement.


Bleu

Même s'il n'est pas utilisé sur les signaux, le bleu a toute son importance en signalisation ferroviaire. C'est le couleur du "pas touche". Une lumière bleue, un drapeau bleu placé entre les rails indique que personne ne peut faire bouger le matériel roulant se trouvant sur cette voie. Seule la personne ayant placé le drapeau bleu peut l'enlever. Une couleur sacro-sainte pour tous les cheminots.